En ce temps-là, j'avais une petite mercerie à Margaux, et mes enfants avaient quitté l'école depuis plusieurs années. Un jour, les copines instits (Françoise et Danielle) ont débarqué en me disant:"ton magasin est bien fermé le lundi? Alors tu es libre? et tu peux nous aider..." Elles m'ont expliqué le projet, j'ai essayé de dire que je n'y connaissais rien, mais elles ont réussi à me convaincre. Et c'est ainsi que j'ai commencé un lundi à faire de la mosaïque avec les enfants (2 par classe par roulement d'une heure) et que je suis revenue encore et encore avec mon mari et mes enfants ados, et que toute la famille Platon a vécu un "certain" temps au rythme de l'ouvrage. Sandwiches sur place sur le pouce (pouce et autres doigts sparadrapés), sangrias, etc... Quelle ambiance! Pour d'autres familles dont les enfants étaient scolarisés à Margaux, c'est les enfants qui ne voulaient pas quitter l'école et qui y entrainaient leurs parents. Et pendant ce "certain" temps, nous avons roulé la terre, l'avons entaillée comme des tablettes de chocolat, cuite, émaillée, coupée (d'où les sparadraps): un vrai village de potiers! Et la nuit, parfois, comme de drôles de Pénélope, nous décollions ce qui nous paraissait indigne de rester dans notre chef d'oeuvre et le recollions presque à l'identique en ayant seulement éliminé les trop gros pâtés.
Après les personnages et animaux fantastiques, il a fallu attaquer le fond. Avant d'avoir fait cela, on ne sait pas qu'un fond c'est très important. Quel casse-tête! On a failli le faire uni, mais uni comment? Non pas uni, mais pas uni comment? Et on a re-roulé des carreaux, et on a fait des essais de couleur, et on a encore passé une partie de nos nuits, car c'est grand un fond.
Et mon mari Bernard a fait des photos qu'il a portées à son boulot. Or il travaillait à Sud-Ouest et une photo de la mosaïque a illustré la couverture du Sud-Ouest Dimanche de la rentrée des classes,